En transmettant l'anneau, la mitre et la crosse à Charles Morerod, son Eminence le Cardinal Cottier s'est fait l'auteur d'un divin lapsus: «Recevez cet Agneau!» a-t-il dit au lieu de «anneau». Eh bien, pourquoi pas! Recevons cet Agneau, nous, communauté à qui il est donné en ce 11 décembre dans la Cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg.L'image s'accorde bien avec la devise retenue par le nouvel Evêque. «Pour moi, vivre c'est le Christ!» Il s'agit donc de vivre l'Agneau de Dieu avec lui, notre Evêque, et sans tarder car le temps passe vite. Monseigneur Morerod répète, comme pour se rassurer, qu'à 50 ans il lui reste encore 25 ans avant la retraite épiscopale. «C'est un peu effrayant, mais d'après ce que m'ont dit mes confrères, ça passe vite.» Cet épiscopat, à mon sens, passera plus vite encore; ne nous fixons pas sur une image d'Epinal d'un équilibre stable et durable.Monseigneur Morerod m'apparaît comme emporté par des courants ascendants, aussi forts que lui est humble et proche du Christ. Il m'étonnerait que son ascension s'arrête à LGF. Si lui est désormais épiscope, sa stature peu à peu révélée laisse entrevoir aux fidèles des hauteurs cardinalices.C'est un règne de transition qui débute aujourd'hui. Peut-être ne durera-t-il que cinq ou six ans avant que Rome ne rappelle son Agneau? N'attendons pas. Mettons-nous en route avec lui, osons vivre en chrétiens, osons nous convertir et convertir, osons annoncer comme Jean le Baptiste: «Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde».Pascal Fessard