Que reste-il du synode dans ce temps d’«après-synode»? Doit-on refaire les débats ou guetter les bruits de couloir du rassemblement achevé? Ou, pire encore, sombrer dans une forme de dépression équivalente au post partum. Durant trois semaines, en octobre, 350 cardinaux, évêques et experts nous ont tenus en haleine. Depuis une semaine, rien ou presque.Pourtant que n’a-t-on entendu ou lu depuis deux ans sur le sujet! Le synode sur la famille serait ceci ou cela, allait prendre telle décision ou infléchir telle doctrine. Les camps ont affûté leurs arguments, les catholiques du monde entier ont été consultés, des débats ont eu lieu. Et soudain, plus rien?La fin de ce sommet mondial peut sembler abrupte. De fait, il faut que les acteurs se remettent de leurs émotions. La déclaration finale renvoie les attentes antérieures à leurs expéditeurs. Divorcés remariés? Une ouverture minime, mais fondamentale, pour l’accès à la communion s’est produite. Personnes homosexuelles? L’accueil reste de mise, mais sans changement du catéchisme de l’Eglise.Finalement, le synode sur la famille est revenu… aux familles. Même brisées, dispersées, pauvres, confrontées aux défis actuels, elles restent le fondement de la vie sociale. La reconnaissance de leur rôle est un acquis des rencontres synodales de 2014 et 2015. La réflexion romaine a valorisé le couple humain et l’éducation des enfants. Oui, la Parole de Dieu passe par les familles. Avant la doctrine, il y a la vie. Avant les enseignements magistraux, il y a la vie des parents et des enfants, au quotidien.Cette haute conscience est à mettre au crédit du pape François. La notion de mise à jour (l’aggiornamento), si chère au concile Vatican II, réapparaît clairement après ce synode à double détente. L’Eglise, considérée par François comme «un hôpital de campagne après une bataille», ne va guérir du jour au lendemain. Mais elle reste un refuge, un lieu source, un lieu d’accueil. C’est la bonne nouvelle de la période post synodale: l’hôpital est en marche.