La pleine lune congolaise - jaune et légèrement voilée - trône dans le ciel, jetant sur la colline une clarté incertaine. Il est 19h. C’est l’heure d’enclencher la génératrice d’électricité, et de souper. Nous attendons.19h15. Les sentinelles s’affairent, là-bas, autour de la cabane qui abrite la machine. Mais rien. Deux confrères s’inquiètent. Ils rejoignent les sentinelles. Les nouvelles nous arrivent: la batterie de la génératrice est morte. On va la remplacer par la batterie de la voiture... mais pas plus de chance; dans une malheureuse coïncidence elle semble morte aussi.
Dans une drôle d’ambiance de noires obscurités, la vie s’étale. On finit par souper à la clarté de nos lampes torches à piles...20h. On se décide à aller voir si, à un kilomètre, le grand chef Kalamba (chef coutumier de la région) peut nous tirer d’affaire. Mais sa batterie est elle non pas morte mais trop faible pour réveiller les nôtres.
Ce sera une soirée dans la nuit.21h... 21h30... Je réfléchis. Il n’y a que deux lumières dans cette nuit totale: la lune pleine et dorée et une petite lampe avec une batterie solaire comme on en achète pour les jardins décorés de nains de jardin et de rocaille... (dans notre maison, nous en avons importé 10 depuis la Suisse, une seule a résisté aux ravages des pluies!) Deux lampes en connivence.Un peu comme dans la vie: la discrète lumière de Dieu qui baigne le monde obscur et compliqué, et les petites lampes que nous sommes, diffusant un peu d’espérance lorsqu’on se recharge sur la lumière du ciel.