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  • L'attachement à sa nation est encore une tendance très forte dans le monde
    L'attachement à sa nation est encore une tendance très forte dans le monde - Franklin Heijnen/Flickr/CC BY-SA 2.0

    Blog Ni nationalisme, ni mondialisme

    Faut-il abolir les frontières? Dépasser les nations? Construire ainsi un monde nouveau? Emporté par l’optimisme qui prévalait dans les années 1960, le monde européen semblait pencher dans ce sens.

    L’histoire présente infirme cette évolution. On assiste à une résurgence des nationalismes tant en Europe de l’Est, qu’en Afrique, en Asie ou en Amérique latine. La dernière coupe du monde de football l’a illustrée. Alors que le football s’est mondialisé avec des équipes venues d’Afrique ou d’Asie arrivant dans les phases finales, les supporters et les opinions ont joué un jeu strictement national, sifflant les équipes adverses et soutenant avec outrance leur propre équipe. Le fair-play a été relégué aux vestiaires.

    Comment s’explique cette résurgence des nationalismes? En premier lieu parce que beaucoup de penseurs occidentaux se sont trompés en voulant supprimer les nations. Ils ont confondu l’esprit de Pentecôte qui est un appel à l’universalité, avec la tentation de Babel de construire un pays unique avec une langue unique. En réalité, l’amour de la nation est la condition de l’accès à l’universalité. Les personnes ont besoin de s’intégrer dans une nation pour être éduquées. La culture, si elle ouvre à l’universel, a toujours une dimension nationale ne serait-ce que du point de vue de la langue.

    Dans leur lutte pour l’indépendance, les pays du Sud ont revendiqué leur appartenance à un nouvel Etat. C’est particulièrement vrai en Afrique, mais aussi en Amérique du Sud et en Asie. Les anciens pays coloniaux l’ont oublié. Les personnes sont d’abord marocaines ou algériennes avant d’être citoyennes du monde. Elles sont d’abord argentines ou brésiliennes, polonaises ou ukrainiennes. Le Général de Gaulle avait raison de mettre l’accent sur l’existence et la permanence des nations.

    «Envisager un monde sans nations est une erreur»

    Cette illusion de la disparition des nations a été renforcée par la mondialisation des économies. Nous formions une communauté d’intérêt avec les Chinois ou les Indiens puisque nous échangions les mêmes biens. Une promenade dans les boutiques d’aéroport nous renforçait dans cette croyance. La pandémie du Covid 19 a fait voler en éclats cette illusion. Les frontières existent bel et bien. Les différents Etats ont défendu leurs intérêts nationaux, la Suisse y compris. Nous sommes obligés de relocaliser certaines productions en matière de médicaments, d’aliments ou d’énergie pour faire face à la nécessité de nos approvisionnements.

    Que conclure de ce retour des nations? En premier lieu que celles-ci n’ont pas simplement une vocation économique. Elles ont, comme toute communauté, une vocation spirituelle. Simone Weil, la grande philosophe chrétienne a écrit «l'enracinement reste peut-être le besoin le plus important de l'âme humaine. Un être humain a une racine par sa participation réelle, active et naturelle à l'existence d'une collectivité qui conserve vivants certains trésors du passé et certains pressentiments d'avenir.» (L’Enracinement 1943). Envisager un monde sans nations est une erreur.

    «C’est là la difficulté principale: conjuguer ouverture et enracinement»

    En second lieu, on constate que ce retour des nations peut impliquer un nationalisme qui exclut l’étranger et qui est dangereux. Celui-ci doit être distingué soigneusement du patriotisme qui est l’amour de la patrie et qui est une vraie force morale. Le nationalisme fait oublier la dimension universelle de tout être humain. Il conduit à la militarisation des sociétés et à la guerre, comme on le voit aujourd’hui dans le cas de la Russie.

    Comme disciple du Christ, nous devons être profondément enracinés. Il est heureux de ce point de vue que de grandes joutes sportives continuent de mettre en compétition des nations et pas simplement des clubs gouvernés par leur seul intérêt pécuniaire. Heureux les chrétiens et les chrétiennes qui s’engagent pour le bien de la cité et favorisent la construction de leur nation.

    Mais dans le même mouvement, heureux celles et ceux qui s’ouvrent à d’autres cultures et favorisent l’intégration des étrangers. C’est là la difficulté principale: conjuguer ouverture et enracinement. Sa résolution est un programme de vie.

    Jean-Jacques Friboulet

    1er mars 2023

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moi, je les connais,
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