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  • "L’enfant de Noël nous apprend à devenir des enfants de Dieu" (Nadine Manson) - Gareth Harper/Unsplash

    Blog Noël, incarnation du verbe devenu chair

    Hasard des aléas de l’existence, cette semaine de Noël est cadencée par le décès de personnes qui me sont proches. Cela m’émeut et me remue. Coutume de Noël, j’ai aussi la joie de devoir préparer et célébrer le culte du 25 décembre, la naissance de Jésus. Cela me déride et m’égaie.

    La confrontation de ces événements de nature, semble-t-il, bien opposée est une aubaine. Elle met à rude épreuve le sens de la vie donc, a fortiori, pour ma foi, le sens de Noël.

    Quel est-il cet enfant de Noël qui vient naître sur terre? Quel est le sens que je lui donne face à nos vies fugaces et face au festoiement de décembre?

    Avez-vous remarqué à quel point, nous, femmes et hommes, nous compartimentons et disjoignons les épisodes de nos années. Il y a ceux qui sont qualifiés d’heureux et ceux qui sont étiquetés malheureux. Quelquefois même nous les exorcisons par des expressions, des dictons censés éloigner les épisodes heureux des épisodes malheureux. Vous le savez ces petites phrases suspendues entre la superstition et la plaisanterie. «Je touche du bois», «Je croise les doigts».

    Quoique illusoire et vaine, cette propension humaine à conjurer le mauvais sort a sérieusement une bonne raison d’être. Notre cerveau, ai-je appris du monde médical, retiendrait plus durablement les mauvaises nouvelles que les bonnes. Selon Matthieu Bernard, professeur en psychologie au CHUV, aujourd’hui nous avons une tendance innée à identifier en premier lieu ce qui ne va pas. Il ajoute que certaines données montrent qu’il faudrait trois à quatre émotions positives pour contrebalancer les effets d’une seule émotion négative. Trois à quatre bonnes nouvelles pour contrecarrer une mauvaise nouvelle. Trois ou quatre Noël pour évincer la douleur causée par la perte d’une personne chère.

    «La chair n’est pas un outil, la chair est le verbe, la parole, Dieu»

    Noël, un enfant dans une crèche. Mais avant tout un Dieu qui s’est rendu visible. Un Dieu qui a voulu nous dire quelque chose en devenant humain. L’incarnation place notre humanité au centre même de tout, au cœur même de toutes nos questions. Qui sommes-nous? Où allons-nous? D’où venons-nous?

    Le verbe a eu besoin de la chair pour devenir, pour s’accomplir. Et là est la beauté et la difficulté du christianisme. Le verbe a eu besoin de la chair. Sans elle, pas d’incarnation, pas de révélation, pas de Dieu connu et connaissable par notre humanité. Et il faut aller encore plus loin. La chair n’est pas qu’un véhicule, un chariot, un moyen utilisé par Dieu pour se faire connaître. La chair n’est pas un outil, la chair est le verbe, la parole, Dieu.

    Verset 1: «Au commencement était la parole, et la parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu». La chair est devenue Dieu, notre humanité est devenue divine. Elle porte en elle de l’infini, de l’éternel. Et les réponses à nos questions sont alors claires.

    Qui sommes-nous? Nous sommes la parole de Dieu.

    Où allons-nous? En Dieu.

    D’où venons-nous? De Dieu.

    Mais, mais, et là tient le grand problème, l’évangéliste Jean le formule ainsi: Verset 5: «La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas accueillie.»

    «Elle était dans le monde, et le monde ne l’a pas connue»

    «Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçue.»

    Il subsiste en toute chair, en tout être humain, en toute personne de la résistance, de l’opposition à cette lumière. Il y a les ténèbres et la lumière. L’infini et le fini. L’éternel et le mortel.

    «L’enfant de Noël nous apprend à devenir des enfants de Dieu»

    L’incarnation est venue nous apprendre à nous connaître. En nous se joue la question de ce que nous sommes et de qui nous sommes. Et cela prend du temps, exige de la pratique, de la réflexion, des années. L’église a pour rôle d’être une communauté de celles et ceux qui tentent d’apprendre à devenir de vraies femmes et de vrais hommes. C’est-à-dire aussi des porteurs et porteuses d’infini et de divin. Nous allons et nous venons de Dieu, c’est la bonne nouvelle de Noël.

    Jean, lui, dit, nous sommes des enfants de Dieu. Verset 12: «A tous ceux qui ont reçu la lumière, ceux qui croient en son nom, et qui sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu.»

    Le pouvoir de devenir ce que nous sommes, des porteurs d’infini et de divin. Le croire, le vivre, le comprendre, le devenir, voilà notre mission. A chaque Noël, à pas sûrs, nous nous approchons de ce but. L’enfant de Noël nous apprend à devenir des enfants de Dieu. Joyeux Noël!

    Nadine Manson

    21 décembre 2022

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