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  • Jean Hatzfeld, un papa de sang, Gallimard, Paris 2015, 250 p.
    Jean Hatzfeld, un papa de sang, Gallimard, Paris 2015, 250 p.

    Blog Papa de sang

    Non! Un «papa de sang» n’est pas le père biologique d’un enfant adopté. Pour le journaliste Jean Hatzfeld[1], il s’agit d’un génocidaire rwandais qui a dûment participé aux tueries de 1994 et condamné pour ce fait. Il se peut qu’il ait été gracié ou purge encore sa peine dans un pénitencier. Cet homme a laissé une femme et des enfants en bas âge au moment du génocide. Pour eux, il est un «papa de sang» que l’on continue à respecter et aimer, même s’il a maculé sa machette de sang tutsi, même s’il a «cochonné» l’enfance et l’avenir de sa progéniture. «Papa de sang» est aussi le tueur qui viole une jeune tutsi, rescapée par miracle, et devient ainsi le père inconnu d’une jeune fille qui aujourd’hui interroge sa mère sur ses douloureuses origines. «Papa de sang», enfin, c’est le papa tutsi disparu dans une marre de sang quelque part au Bugesera - une région rwandaise où notre journaliste aime à se retrouver - et dont l’absence est douloureusement ressentie par ses enfants qui l’ont à peine connu.Hatzfeld a voulu recenser les propos de ces jeunes, innocents du crime génocidaire, mais qui doivent aujourd’hui en porter le fardeau, qu’ils soient hutu ou tutsi. Le fait qu’ils cohabitent sur les mêmes collines ajoute une note supplémentaire à ce drame et renforce l’intérêt de cette enquête. Car c’est bien d’une enquête qu’il s’agit. Le journaliste se place en retrait et ne fait que recueillir honnêtement les réponses à ses questions. Il tient à respecter dans sa recension les tournures de la langue rwandaise qu’il tente de convertir en français avec plus ou moins de bonheur.Ce ne sont pas ses qualités littéraires qui font la valeur de ce livre, mais le teneur des témoignages. Des jeunes parlent de leurs parents et s’interrogent ou refusent de s’interroger sur leur culpabilité ou sur les circonstances du drame. Ils disent aussi comment ils envisagent maintenant leur avenir. Un futur libéré d’un poids qui entrave leur marche en avant ou le risque d’être asservi leur vie durant à ces funestes événements. Et Dieu n’est pas loin de tout ça. Au contraire, il s’entremêle dans ce processus. Réconfort et appui dans la détresse, mais aussi destin implacable auquel on ne peut que se soumettre.Ce livre reflète des situations locales: quelques collines du Bugesera rwandais au sud-est de Kigali, la capitale du pays. Mais on peut en faire une lecture universelle. Pourquoi les enfants devraient-ils hériter l’histoire ou les histoires de leurs parents? Pourquoi devraient-ils en souffrir comme d’une tare originelle? Quelle est la meilleure pédagogie ou thérapie à faire prévaloir en pareils cas? Comment peuvent réagir des jeunes face au contrôle social qui les montre du doigt et handicape leur choix de vie à cause du comportement de leurs parents? Qu’ils soient les fils ou les filles des tueurs ou les enfants de leurs victimes, ils sont les uns et les autres des discriminés.Un prophète biblique rapportait, pour ne plus l’entendre proclamer en Israël, ce proverbe hérité de la tradition juive: «Les pères ont mangé des raisins verts et les dents des fils ont été agacées». Ce dicton, hélas, n’est pas anachronique. Il n’a rien perdu de son actualité. Seule une éthique qui fait droit à la personne pourrait le contredire. Un long chemin à parcourir.Guy Musy | 21.10.2015[1] Jean Hatzfeld, un papa de sang, Gallimard, Paris 2015, 250 p.

     « Mes brebis écoutent ma voix ;
moi, je les connais,
et elles me suivent.

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