A l’occasion du 1er août un jeune socialiste a suggéré de remplacer le drapeau suisse par un drapeau arc-en-ciel. Sa suggestion qui visait à rappeler les méfaits du nationalisme, a suscité un tollé dans les médias. Il avait effectivement confondu patriotisme et nationalisme. Le patriotisme est l’amour de son pays et la volonté de le servir avec dévouement. Il s’incarne dans des symboles comme des hymnes ou des drapeaux que nous avons vus fleurir à l’occasion de la dernière Coupe du monde.Le nationalisme est une doctrine politique qui s’est développée au 19è siècle et qui exalte le sentiment national au détriment des autres pays. Un nationaliste ne reconnaît pas aux citoyens des autres nations les mêmes droits fondamentaux qu’à ses compatriotes. Du point de vue éthique, il n’applique pas la règle d’or qui consiste à ne pas faire aux autres ce qu’on ne voudrait pas qu’ils vous fassent.Nous constatons aujourd’hui une résurgence du nationalisme en Ukraine. Certains nationalistes ukrainiens ne reconnaissent pas à leurs compatriotes russophones les mêmes droits fondamentaux qu’à eux-mêmes. Le pouvoir russe se donne quant à lui le droit d’intervenir dans un Etat souverain et d‘aider militairement, au nom d’un faux patriotisme, les séparatistes russophones au-delà de la frontière.Cette situation rappelle de fâcheux souvenirs. Le nationalisme a été un des éléments moteurs des deux guerres mondiales. Certains pouvoirs politiques et militaires se sont servis du patriotisme de leurs citoyens pour le transformer en un nationalisme, destructeur des vies des personnes. Après les cataclysmes des deux guerres, des personnalités en particulier chrétiennes ont compris que ce nationalisme était un poison et qu’il fallait développer des institutions qui proclament les droits et les devoirs universels de toute personne. Tout en servant avec force leur patrie, les chrétiens ne doivent jamais oublier cette dimension universelle de la personne humaine qui est un pilier du bien commun.Le 1er août n’était pas seulement notre fête nationale. C’était également la date anniversaire de la première guerre mondiale qui fit des millions de victimes et sacrifia une génération complète de jeunes. Parmi les classes mobilisées en France par exemple, plus de 16 % moururent au combat. Le pourcentage fut le même pour les jeunes prêtres. Tous ces jeunes partirent à la guerre pour défendre leur patrie. Mais les autorités politiques et militaires, en raison d’un nationalisme exacerbé, ne firent la paix que quand leurs populations et leurs ressources furent épuisées par les combats. C’est ainsi que les propositions de paix du pape Benoît XV en 1917 furent balayées par les belligérants. Il faut s’en souvenir et ne jamais oublier que notre patriotisme ne doit pas être mis à profit par des mouvements nationalistes. Les fruits d’une telle utilisation sont toujours vénéneux.