La place Masséna est le noyau névralgique de la ville de Nice, entre la Promenade de Anglais sur le bord de mer, la vieille ville et le quartier commerçant de la gare. Elle résume à elle seule toutes les nuances du dynamisme et du patrimoine de la cité. Et si on l’apprivoise quelques minutes elle devient presque une parabole de la vie moderne en Europe, faite de frivolités papillonnantes, de stress économique et de nonchalance méditerrranéenne...Un aspect de l’aménagement de la place m’a particulièrement intéressé. Le sculpteur catalan Jaume Plensa a posé, le long des rails du tram qui traverse les pavés, sept perches métalliques d’une dizaine de mètres de haut sur lesquelles sont assis des «scribes antiques» en résine lumineuse.Sur la mer des hommes qui passe et reflue à travers la place, ces guetteurs improbables font penser à des phares qui nous invitent à lever les yeux... et à nous demander où est-ce que nous allons... vraiment.Pour moi c’est une parabole de l’Avent et de Noël. Dans leur pose de prière, dans leur tranquille posture de contemplation, ils incitent à lever le regard au-dessus des agitations vaines du quotidien. Ils nous poussent entrevoir au-delà des toits mornes de nos activités et de nos soucis un port différent de tous les autres ports. Parce qu’on se rend bien compte finalement que le port de notre Avenir est au-dedans de nous. Là où nous aménageons – peut-être malgré nous – une humble étable avec une crèche et un peu de paille...
Guy Luisier