To to kutshinyi to... To to kutshinyi to...Non, non, n’ayez pas peur... non, non, n’ayez pas peur...To signifie « non » et est l’adverbe négatif du ciluba, la langue de ma colline au Congo.Aujourd’hui 1er décembre, c’est la fête de la Bienheureuse Anuarite, patronne de la jeunesse congolaise. Cette religieuse fut martyrisée en 1964, dans un des sempiternels soubresauts violents qui ont agité et agitent encore le Congo post-colonial. De nombreux groupes de jeunesse catholique l’ont prise pour modèle. Il y a un de ces groupes sur la colline et nous avons avec eux célébrer cette fête par une messe et un repas auxquels ont participé tous les écoliers et étudiants de notre paroisse.Les chants liturgiques en ciluba ont un sens extraordinaire tant du texte que de la mélodie et c’était pour moi très émouvant d’entendre toute cette jeunesse répéter cette parole de l’évangile de Mathieu: N’ayez pas peur de ceux qui tuent le corps... Le Seigneur notre Dieu nous a sauvés...
Des petites filles de 6 ans dansant en tenant la jupe bleue de leur uniforme décousu, des grandes levant les mains et les yeux: To to kutshinyi to...Ne pas avoir peur et oser dire non... To... to...Seulement la liste est longue pour ces jeunes qui ont si peu dans le présent et ont si peu d’avenir: non à la violence, non à la malnutrition, non à l’ignorance, non à l’injustice, non à la faim, non aux mariages violents et forcés, non à l’exploitation du faible par le fort, non aux dépouillements des pauvres par les riches, non au sida, non à la malaria, non à la fièvre typhoïde, non à l’égoïsme, non aux drogues musicales, non aux drogues chimiques...
PSLe même jour, mon bréviaire de l’Avent m’invitait à lire dans le livre d’Isaie, 1, 23: «Tes chefs sont des rebelles, complices des voleurs. Tous ils aiment les présents, ils courent les gratifications. Ils ne rendent pas justice à l’orphelin et la cause de la veuve n’arrive pas jusqu’à eux...» No comment.