Quel tourbillon médiatique ces derniers jours! L’actualité nous a successivement offert un mariage princier, la béatification d’un pape puis une opération commando ponctuée par la mort de Ben Laden. Une concentration d’événements qui a atteint un niveau incroyable.Si le bonheur d’un jeune couple, associé aux chapeaux des dames de Westminster, nous a émerveillés, la béatification de Jean Paul II est venue rappeler l’importance d’un homme qui aura marqué l’Histoire. Ce Polonais à la volonté inflexible, habité par la prière, laisse au monde et à l’Eglise un exemple enthousiasmant. Le rassemblement d’un million de personnes à Rome dit, s’il en est besoin, combien «Ji-Pi Tou» (dans le langage des JMJ) s’accordait profondément aux «We love you!». A l’instar des frères de Tibhirine, dont le message fut récemment redécouvert, la vie de Jean Paul II ne laisse de surprendre: il y a du développement durable dans l’exemple de Karol Wojtyla.Les mises en scènes fastueuses de Londres et du Vatican contrastent avec les images floues de l’opération militaire menée contre Oussama Ben Laden. A Abbottabad, un soldat portait sur son casque une caméra pour filmer l’attaque de la villa suspecte. Des images commentées en direct par le directeur de la CIA pour Barack Obama et son équipe. Des images destinées à une assistance triée sur le volet, mais dissimulées au grand public. Seules des prises de vue de pièces ensanglantées ont franchi le seuil de la censure. Ce vide – pas de cadavre, pas de preuve - a immédiatement été exploité par un internaute qui a diffusé une photo truquée de la tête de Ben Laden criblée de balles.Notre monde, pourtant saturé d’images violentes, en redemande. On veut voir les photos de Ben Laden mort, gronde la vox populi. Et, sous la pression, la CIA va les publier. Etrange marché, scellé dans le sang. Les clichés du terroriste décédé suffiront-ils à contrebalancer les morts de New York, le 11 septembre 2001? Quelle inhumanité dans cet étrange marché visuel. La violence engendre la violence, semblent cautionner les responsables étatsuniens. A l’inverse, un homme est arrivé de Pologne et son message se répand encore. En vrai disciple du Christ, il disait juste: «N’ayez pas peur!».Bernard Litzler