Le bail a été reconduit. Le locataire de la Maison Blanche peut rester. La petite famille de M. Obama reste à Washington. Soulagement du côté de ses supporters et dans maintes capitales mondiales.La surprise est moins grande qu’en 2008. Le monde s’est habitué à cet homme souriant et dégingandé, premier président de couleur placé à la tête de la première puissance mondiale. L’image inquiétante de George Bush, va-t-en guerre patenté, a fait place à celle d’un père de famille aux sourires étincelants, à la mine épanouie et à la souplesse élégante.Mais les Etats-Unis d’Amérique restent un mystère. Ce pays toujours neuf a vécu en moins de trois siècles une évolution qui ne cesse de surprendre. Rares sont les Etats qui comme lui suscitent autant de rêves et de rejets, d’admiration béates et de critiques féroces. Outre-Atlantique, chaque génération successive entretient l’optimisme d’une nation au slogan provocant: God bless America! Que Dieu bénisse l’Amérique! La formule respire l’assurance de la protection divine et l’espoir d’un avenir toujours meilleur.Les Etats-Unis se sont bâtis sur un mélange subtil de migrations: Blancs protestants, familles européennes, Noirs esclaves et exilés latinos, chinois, caribéens ou russes. Cette étrange composition mêle l’espoir d’une vie féconde, une rude concurrence, les ascensions rapides et les descentes vertigineuses sur l’échelle sociale, la richesse arrogante et la pauvreté cruelle. Amérique-mystère qui hante les rêves européens, asiatiques et africains.Les mythes de la réussite individuelle, de la liberté sans bornes, de l’espace infini travaillent les esprits. Yes, oui... «Le meilleur reste à venir», a dit Barack Obama au soir de sa victoire. «Par la grâce de Dieu, nous allons continuer d’aller de l’avant». Son adversaire Mitt Romney a terminé son discours de vaincu par les mots: God bless America! Voilà comment fonctionne l’Amérique, toujours croyante, toujours optimiste, et son mystère.Bernard Litzler