En ce jour où deux papes parmi les plus populaires du XXe siècle sont canonisés, il est bon d’entendre à l’Evangile la béatitude des croyants. «Heureux ceux qui croient sans avoir vu» (Jn 20, 29). Cette béatitude avait déjà résonné sur les lèvres d’Elisabeth, le jour où elle fut visitée par la Vierge Marie : «Heureuse celle qui a cru que s’accompliraient les paroles qui lui on été dites de la part du Seigneur» (Lc 1, 45).Si les papes canonisés en ce jour sont «bienheureux», c’est d’abord parce qu’ils on cru, d’une foi non pas théorique, mais concrète et réelle, d’une foi qui fait déplacer les montagnes. Jean XXIII, «pape de transition», croyait-on au moment de son élection, a ouvert les portes d’un Concile dont on n’est encore loin, de nos jours, d’avoir compris toute la profondeur de l’enseignement.Jean-Paul II a non seulement déplacé des montagnes, mais fait tomber des murs, et l’Eglise, qu’on avait un peu tendance à enterrer, fut à nouveau ce signe levé, source d’espérance pour tant de peuples. Jean XXIII et Jean-Paul II, des hommes comme tout le monde, mais transfigurés par la foi. Nous aussi, hommes et femmes comme tout le monde, nous pouvons être transfigurés à l’image du Christ, si nous ouvrons notre cœur à la foi.
Chanoine Roland Jaquenoud